Le joueur d'échecs

Sur un paquebot en partance vers l'Amérique du sud, après la seconde guerre mondiale, un homme intrigué par la présence d'un champion mondial du jeu d'échecs veut l'approcher afin de s'en faire une meilleure idée. Il tente de jouer une partie contre celui-ci. Plusieurs parties (perdues) s'enchaînent durant lesquelles plusieurs joueur mettent leur expérience en commun pour essayer de vaincre ce prodigue. Soudain un homme intervient au beau milieu d'une partie et parvient à un match nul mais il refuse catégoriquement de jouer une seconde partie, seul contre Czentovic. Le narrateur, chargé de le convaincre, va découvrir de sa bouche comment, alors qu'il était retenu dans un camp de concentration un peu spécial, le vol d'un recueil de partie d'échecs célèbres l'a sauvé de la folie tout en l'y précipitant de manière plus sournoise.
»» Achetez ce livre sur Amazon
Biographie express
Stefan Zweig est autrichien né en 1881 et mort en 1942.
Quand ce texte paraît à Stockholm en 1943, Stefan Zweig, désespéré par la montée et les victoires du nazisme, s'est donné la mort l'année précédente au Brésil, en compagnie de sa femme. La catstrophe des années quarante lui aparaissait comme la négation de tout son travail d'homme et d'écrivain. Le joueur déchecs est une confession à peine déguisée de cette désespérance.
Incipit
Sur le grand paquebot qui, à minuit quittait New-York à destination de Buenos-Aires, régnait le va-et-vient habituel du dernier moment. Les passagers embarquaient, escortés d'une foule d'amis, des porteurs de télégrammes, la casquette sur l'oreille, jetaient des noms à travers les salons, on amenait des malles et des fleurs, des enfants curieux couraient du haut en bas du navire, pendant que l'orchestre jouait imperturbablement.
Extraits
Certes, je comprenais en principe qu'un jeu si particulier, si génial, pût susciter des matadors, mais comment concevoir la vie d'une intelligence toute entière réduite à cet étroit parcours, uniquement occupée à faire avancer et reculer trente-deux pièces sur des carreaux noirs et blanc, engageant dans ce va-et-vient toute la gloire de sa vie !
Comment s'imaginer un homme qui considère comme un exploit le fait d'ouvrir le jeu avec le cavalier plutôt qu'un autre pion, et qui inscrit sa pauvre petite part d'immortalité au coin d'un livre consacré aux échecs.
Comment se figurer enfin un homme, un homme doué d'intelligence, qui puisse, sans devenir fou, et pendant dix, vingt, trente, quarante ans, tendre de toute la force de sa pensée vers ce but ridicule: acculer un roi de bois dans l'angle d'une planchette!
Ce que Elle en a pensé
Ahlala ! On m'a offert ce livre quand j'avais 9 ans à peu près et, dieu merci ! je ne l'ai pas lu à l'époque, j'ai su l'apprécier quand je l'ai lu, quelques années plus tard. Ce livre reste et restera sans doute longtemps mon préféré dans la catégorie adulte (Nils Hazard et sa Dinky rouge sang remportant la palme pour ce qui est des livres de mon "enfance"). C'est un magnifique ich-erzählung (euh... Flûte ! Das heisst auf Französich "récit à la première personne" oder so was... Wenn ihr besser habt... Si quelqu'un connaît un terme plus concis... ?) un très beau style et une belle chute. C'est une nouvelle, un texte assez court (une centaine de pages tout au plus) que je conseille à tout un chacun. Quant à moi j'espère bientôt pouvoir aborder ce texte dans la page... Auf Deutsch.