
Il est une disparition lente et silencieuse qui attriste bon nombre de journalistes et d'écrivains ; le point-virgule, ponctuation bâtarde engendrée par l'union d'un point (signe de fin de phrase) et de la virgule (séparant le plus souvent deux prépositions), victime expiatoire de « la phrase courte » selon Sylvie Prioule, auteur de La Ponctuation ou l'art d'accommoder les textes.
Le problème avec le point-virgule, c'est qu'on ne sait même pas où, quand et comment on doit l'utiliser ! Selon nos livres de grammaire de l'école primaire, on utilise le point-virgule pour séparer deux idées que l'on veut mettre en parallèle ou en opposition… Et pour sauver cette ponctuation appelée jadis « virgule forte », un comité de défense du point-virgule vient d'être créé ; pour l'heure, peu de signataires ; mais un effet papillon qui espère toucher les auteurs de littératures, premiers accusés de délaisser ce point sur une virgule.
Et puis, dernier argument pour la « réintroduction » du point virgule (appelé aussi point et virgule), c'est Henry de Montherlant qui nous le donne : « On reconnaît tout de suite un homme de jugement à l'usage qu'il fait du point et virgule ».